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Léopold Sédar Senghor est un des hommes politiques phare de l’Afrique et un des poètes majeurs de la « négritude ». Né le 9 octobre 1906 à Joal au Sénégal, il est un brillant élève, et c’est avec son baccalauréat et une bourse d’études en poche qu’il rejoint Paris en 1928. Entré en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand, il rencontre Georges Pompidou, avec qui il se lie d’amitié, mais aussi Aimé Césaire, avec lequel il invente la « Négritude », mouvement littéraire de l’entre-deux-guerres qui affirme une identité « noire » contre la domination coloniale.
En 1935, il est reçu à l’agrégation de grammaire, et devient professeur de français. Il est alors le premier Africain à réussir ce concours. Quatre ans plus tard, ses premiers poèmes seront publiés en revue, juste avant sa mobilisation dans l’armée française. Il participe à la campagne de France en 1940 et est fait prisonnier comme des dizaines de milliers d’autres soldats coloniaux. Il est alors interné en France, parce que les Nazis refusaient au nom de leur idéologie raciste que des soldats noirs soient retenus sur le sol allemand.
Au sortir de la guerre, deux évènements marqueront les débuts de sa double carrière de poète et d’homme politique : la parution en 1945 son premier recueil intitulé « Chants d’ombre » et son élection la même année comme député du Sénégal à l’Assemblée nationale constituante. En 1948, la parution de « Hosties Noires » et de son « Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française » (préfacée par un texte fameux de Jean-Paul Sartre, « Orphée noir »), en fait une voix majeure de la littérature francophone.


Son « Poème liminaire » contient ces vers célèbres, qui résonnent encore aujourd’hui pour honorer le sacrifice des Tirailleurs Sénégalais et rejeter le racisme et les préjugés :
« »Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude sous la glace et la mort,
Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’arme, votre frère de sang?
Je ne laisserai pas la parole aux ministres et pas aux généraux,
Je ne laisserai pas -non!- les louanges de mépris vous enterrer furtivement,
Vous n’êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur,
Mais je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France. » »